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Loyers exorbitants et fins de mois difficiles : la fintech peut-elle sauver les finances des jeunes générations ?

Dans son hymne à New York, Alicia Keys déclarait, en écho à Frank Sinatra : « Si je peux réussir ici, je peux réussir n'importe où ». Plus loin, elle chantait : « Quelqu'un dort ce soir avec une faim qui dépasse un simple réfrigérateur vide ».

Écrite il y a 12 ans, cette chanson reste d'actualité. Les métropoles comme New York, Londres ou Hong Kong incarnent le succès, mais aussi les inégalités extrêmes. L'innovation y fleurit, tout comme les disparités sociales.

Cette dualité bouleverse les jeunes générations. Dotés de diplômes coûteux, d'un faible scoring de crédit et d'un accès restreint aux prêts, ils affrontent contrats zéro heure, crises financières récurrentes et séquelles du Covid-19.

Arrivés en ville pour un emploi stable, sans le réseau nécessaire pour percer, beaucoup se retrouvent derrière un comptoir de café, servant des lattes à ceux qui ont décroché la timonerie.

Leur atout majeur ? La technologie, plus accessible que jamais. Les fintechs – prêts peer-to-peer, néobanques, systèmes alternatifs d'évaluation du crédit – leur offrent un contrôle inédit sur leurs finances fragiles, inaugurant une ère d'activisme financier.

Qui mieux que la génération internet pour dompter cette nouvelle économie monétaire ?

Où est passé l'argent ?

La génération Z est la plus éduquée à ce jour, surpassant les millennials. Pourtant, que font-ils de cette formation ? La Grande Récession de 2008 hante encore le marché du travail.

Contrairement aux crises passées, 2008 a érodé les emplois à revenu moyen. Les baby-boomers ont dégringolé l'échelle sociale, tandis que les millennials ont dû se contenter des échelons inférieurs. La reprise molle a supprimé les postes d'entrée traditionnels.

Ces effets persistent. Selon le Bureau of Labor Statistics (2019), 58,5 % des employés dans l'hôtellerie-restauration (secteur mal payé) ont 20-44 ans. L'âge médian des propriétaires immobiliers ne cesse d'augmenter.

En 2020, un Britannique sur 10 âgé de 16-24 ans était en contrat zéro heure. Aux États-Unis, millennials et Gen Z ont subi 35 % des licenciements pandémiques chez les 18-29 ans. Les minorités ethniques sont les plus touchées.

Iona Bain, autrice du blog Young Money, souligne l'impact : +40 % de vulnérabilité financière pour les jeunes (FCA). Sans emplois stables ni actifs, dettes, pertes de revenus et cotisations retraite en berne.

Déjà 65 % des adultes mondiaux craignaient les inégalités avant le Covid. La pandémie les a révélées et amplifiées.

Toute la responsabilité, sans les moyens

Millennials et Gen Z hériteront des grands défis : climat, surpopulation, pandémies. Ces enjeux exigent innovation, mais les soucis financiers nuisent à la productivité.

Comme l'explique Joseph C. Sternberg dans The Theft of a Decade, la vie quotidienne est plus aisée, mais emploi stable et logement restent hors d'atteinte.

Enfants de la révolution fintech

Un espoir émerge. Pendant le Covid, les jeunes ont investi massivement le numérique. Un rapport Mambu identifie deux « tribus financières » chez les <35 ans.

Les Neo-Asset Hoarders : face à l'inaccessibilité de l'immobilier, ils se tournent vers les actifs numériques.

  • 31 % des consommateurs mondiaux ont investi en cryptomonnaies
  • 22 % en actifs ou devises gaming
  • 11 % en NFT

Principalement <35 ans. 20 % ont changé de banque pendant la pandémie. En Thaïlande et au Vietnam, crypto équivaut à la propriété.

Mambu les voit comme pionniers de la finance décentralisée. 49 % prévoient d'acheter des « néo-actifs » bientôt.

Les Covidpreneurs : 49 % ont lancé une activité parallèle ; 75 % envisagent l'entrepreneuriat. Les banques traditionnelles peinent à financer cela, boostant les plateformes P2P comme FIBR.

L'avenir des finances personnelles

Avant le Covid, néobanques et open banking séduisaient. La pandémie a accéléré leur adoption pour une gestion à distance.

Trading intégré rend l'investissement accessible. Les jeunes challengent les marchés, comme avec GameStop.

Rebellion, néobanque prisée des millennials et Gen Z, offre banking classique, P2P, crypto et trading.

L'argent numérique trace habitudes : dépenses, réseaux sociaux, marketing. Une étude indienne suggère que ces données surpassent les scores de crédit traditionnels pour des décisions plus justes.

ZestMoney, BNPL indien, utilise l'IA pour des EMI sans frais, sans carte de crédit requise.

Les jeunes fuient les systèmes obsolètes. La fintech ne comblera pas l'écart générationnel, mais inspirera une rébellion financière : maîtrise des outils pour un avenir meilleur.

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