Une prise de contrôle hostile, ou OPA hostile, désigne l'acquisition d'une entreprise par une autre société sans l'accord de sa direction. La société visée est appelée société cible, tandis que l'initiateur est l'acquéreur. Dans ce scénario, l'acquéreur s'adresse directement aux actionnaires ou cherche à remplacer la direction pour obtenir l'approbation. Cette opération se concrétise souvent via une offre publique d'achat (OPA) ou une bataille par procuration.
Les motivations des acquéreurs – sous-évaluation, accès à des marques, technologies ou implantations – sont similaires aux fusions classiques. Les OPA hostiles peuvent aussi résulter d'actions d'investisseurs activistes visant à réformer les opérations. Contrairement aux OPA amicales, la direction de la cible refuse l'offre, obligeant l'acquéreur à :
Si la prime est attractive ou la direction impopulaire, les actionnaires peuvent accepter. La loi Williams de 1968 encadre ces OPA en exigeant une divulgation complète pour les offres en numéraire. Une bataille par procuration mobilise les votes des actionnaires pour influencer le conseil. La réussite dépend d'une majorité d'adhésions.
Les entreprises anticipent via des défenses préventives ou réactives.
Création d'actions à faible pouvoir de vote mais dividendes élevés, rendant l'acquisition plus ardue si la direction détient les actions à fort vote.
Les employés acquièrent une participation significative et votent généralement avec la direction, renforçant la résistance.
Clause statutaire obligeant la vente d'actifs clés en cas d'OPA, diminuant l'attractivité de la cible.
Régime de droits des actionnaires permettant aux actionnaires existants d'acheter des actions nouvelles à prix réduit si un seuil est franchi, diluant l'acquéreur (flip-in). Le flip-over cible les actions de l'acquéreur post-fusion.
Pilule empoisonnée élargie (dette accrue), parachute doré (primes aux dirigeants), défense Pac-Man (contre-OPA sur l'acquéreur).
Échec : Carl Icahn vs. Clorox (2011), repoussé par des défenses renforcées. Succès : Sanofi acquiert Genzyme après offres amicales refusées, via prime et CVR.
Sans accord du conseil, via OPA (majorité actionnaires), procuration (remplacement conseil) ou achats marché.
Via DVR, ESOP ou autres mesures préventives favorisant les votes alignés sur la direction.
Défense via flip-in (dilution actions nouvelles) ou flip-over (dilution acquéreur).
Joyau de la couronne, parachute doré, Pac-Man.
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