La mesure de Jensen, ou alpha de Jensen, est une métrique clé de performance ajustée au risque. Elle quantifie l'excédent de rendement moyen d'un portefeuille ou d'un investissement par rapport à celui prévu par le modèle CAPM, en tenant compte du bêta et du rendement du marché. Souvent appelée simplement « alpha », elle reflète la valeur ajoutée par le gestionnaire.
Pour juger objectivement un gestionnaire, il faut comparer rendement et risque. Par exemple, deux fonds à 12 % de rendement : l'investisseur choisira le moins risqué. La mesure de Jensen vérifie si le rendement compense le risque pris.
Un alpha positif signale des rendements excédentaires, prouvant que le gestionnaire a « battu le marché » par ses compétences en sélection de titres.
Basée sur le CAPM, la formule est :
Alpha = R(i) - [R(f) + β × (R(m) - R(f))]
Où :
R(i) = rendement réalisé du portefeuille
R(m) = rendement de l'indice marché
R(f) = taux sans risque
β = bêta du portefeuille vs marché
Exemple : Fonds à 15 %, marché à 12 %, β = 1,2, sans risque = 3 %.
Alpha = 15 % - [3 % + 1,2 × (12 % - 3 %)] = 15 % - 13,8 % = +1,2 %.
Le fonds surperforme. À 13 %, alpha = -0,8 % : sous-performance.
Les critiques, adeptes de l'EMH d'Eugene Fama, voient les alphas positifs comme de la chance, non du talent. Le marché intègre toutes les infos, rendant impossible la surperformance systématique. Cela explique les échecs des gestionnaires actifs face aux indices passifs.
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