Le risque juridictionnel englobe les menaces potentielles liées à l'exercice d'activités dans un pays ou une juridiction étrangère. Ces risques surgissent lors de transactions commerciales, de prêts ou d'emprunts internationaux, ou encore en raison de facteurs juridiques, réglementaires ou politiques propres à ces régions.
De plus en plus, ce risque concerne les banques et institutions financières exposées à la volatilité des juridictions à haut risque en matière de blanchiment d'argent (LBA) et de financement du terrorisme (FT).
Ce risque représente tout danger additionnel découlant d'opérations commerciales, de prêts ou d'emprunts dans un pays étranger. Il inclut également les modifications législatives inattendues impactant un investisseur, générant souvent une volatilité accrue des prix. Les investisseurs exigent donc des rendements supérieurs pour compenser ces niveaux de risque élevés.
Le risque politique, une composante du risque juridictionnel, peut détériorer les rendements en raison de changements gouvernementaux, d'instabilité législative, de décisions politiques étrangères ou de contrôles militaires.
Les banques, investisseurs et entreprises font face à des complications juridiques, des risques de change et des risques géopolitiques.
Le risque juridictionnel est aujourd'hui associé aux pays où le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme prévalent, comme ceux désignés non coopératifs par le GAFI ou soumis à des mesures spéciales par le Trésor américain pour LBA ou corruption. Les sanctions pénales encourues poussent les institutions à mettre en place des processus d'évaluation et d'atténuation spécifiques.
Depuis 2000, le GAFI publie trois fois par an deux documents identifiant les régions déficientes en lutte contre le LBA et le FT, qualifiées de Pays ou Territoires Non Coopératifs (PTNC).
En juin 2021, le GAFI a listé 22 juridictions surveillées : Albanie, Barbade, Botswana, Burkina Faso, Cambodge, Îles Caïmans, Haïti, Jamaïque, Malte, Maurice, Maroc, Myanmar, Nicaragua, Pakistan, Panama, Philippines, Sénégal, Soudan du Sud, Syrie, Ouganda, Yémen et Zimbabwe. Ces pays présentent des lacunes en politiques anti-LBA/FT, mais s'engagent à collaborer avec le GAFI.
Le GAFI a placé la Corée du Nord et l'Iran sur sa liste d'appels à l'action : la Corée du Nord pose un risque majeur pour la finance mondiale en raison de son non-engagement et de ses défaillances, y compris en prolifération d'armes de destruction massive ; l'Iran, malgré ses engagements, n'a pas implémenté son plan.
Les investisseurs subissent un risque de change (ou risque de fluctuation des devises) lors de transactions internationales, où les variations monétaires peuvent éroder la valeur des placements. Ce risque peut être atténué par des stratégies de couverture comme les options et contrats à terme.
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