Après des années marquées par la pandémie, les Américains subissent de plein fouet la hausse des prix. Le coût du carburant, des factures d'énergie, des courses alimentaires et autres produits essentiels explose, pesant lourdement sur le budget des ménages en pleine préparation des fêtes de fin d'année.
Le 10 novembre 2021, le Bureau of Labor Statistics (BLS) a publié des données montrant une hausse de 0,9 % des prix à la consommation en octobre, et de 6,2 % sur un an. Ce niveau constitue la progression annuelle la plus rapide depuis décembre 1990, bien au-delà de l'objectif de 2 % visé par la Réserve fédérale (Fed).
Les économistes s'accordent majoritairement : la pandémie de Covid-19 est le déclencheur principal. Fin du confinement, les consommateurs ont libéré une demande refoulée, boostée par les économies accumulées et les aides gouvernementales, au moment où les chaînes d'approvisionnement étaient gravement perturbées.
La production de biens et services a été stoppée net pendant des mois. Les entreprises cherchent désormais à rattraper les pertes ou à relancer leurs activités. Résultat : offre limitée face à une demande dopée, propulsant les prix à la hausse.
Le Covid-19 a touché tous les secteurs, gonflant les prix de l'essence au pain en passant par le bacon. Le rapport mensuel du BLS détaille ces évolutions : en octobre 2021, les hausses annuelles les plus marquées concernent le carburant (+49,6 %), la location de voitures (+44,3 %), les services de gaz (+24,1 %) et les véhicules d'occasion (+39,3 %).
Attention toutefois : comparer à l'année précédente peut sous-estimer l'ampleur, car octobre 2020 était au pic de la pandémie avec des dépenses moindres.
Le débat fait rage parmi les économistes : hausse transitoire ou persistante ?
Les hausses sont concentrées sur quelques secteurs perturbés par le Covid. Une normalisation des chaînes d'approvisionnement et un épuisement de la demande refoulée devraient lisser les prix. Les excédents d'épargne pandémiques s'érodent, et les aides publiques ont cessé.
Citi, comme d'autres banques, prévoit un pic en février 2022 suivi d'un reflux, grâce à un rattrapage de l'offre et au tapering de la Fed.
Les loyers et autres secteurs lents rejoignent la tendance. Le marché du travail tendu (postes vacants en hausse) pousse les salaires à la hausse, alimentant dépenses et relèvement de prix. Les goulots d'étranglement pourraient perdurer.
La Fed reste sereine : cette inflation est un effet normal du rebond post-pandémie. Elle a annoncé un tapering des achats d'actifs (bons du Trésor et MBS) pour normaliser les taux bas. Des hausses de taux restent en réserve si nécessaire.
Un peu d'inflation stimule la croissance ; une accélération excessive menace de récession. Voici les principaux acteurs :
| Principaux gagnants et perdants de l'inflation | |
|---|---|
| Gagnants | Perdants |
| Débiteurs à taux fixes | Économistes (prévisions erronées) |
| Propriétaires d'actifs réels (or, crypto) | Emprunteurs à taux variable |
| Entreprises à fort pouvoir de prix | Obligations longue durée |
| Accédants à la propriété | |
L'inflation résulte d'une demande supérieure à l'offre : trop d'argent pour trop peu de biens et services.
L'Indice des prix à la consommation (IPC) du BLS suit un panier représentatif de biens et services. Outil essentiel pour les banques centrales dans la fixation des taux.
Les prévisions divergent : retour à 2 % pour les optimistes, maintien élevé sans hausses de taux agressives pour les sceptiques.
Les banques centrales haussent les taux pour freiner l'emprunt et la dépense, limitant ainsi l'inflation.
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