Bernard Lawrence « Bernie » Madoff était un financier américain à l’origine de la plus vaste fraude Ponzi jamais enregistrée. Il a escroqué des milliers d’investisseurs pour des dizaines de milliards de dollars sur au moins 17 ans. Pionnier du trading électronique et président du Nasdaq au début des années 1990, il est décédé en prison le 14 avril 2021, alors qu’il purgeait une peine de 150 ans pour blanchiment d’argent, fraude sur valeurs mobilières et autres crimes.
1:44Bien qu’il prétendît générer des rendements stables via une stratégie de « conversion par fractionnement » (split-strike conversion), Madoff déposait simplement les fonds des clients sur un compte bancaire unique. Il payait les rachats des anciens investisseurs avec l’argent des nouveaux arrivants. La fraude s’est effondrée fin 2008 lors de la crise financière. Le 10 décembre 2008, il a confessé ses fils, employés de l’entreprise mais ignorant le stratagème selon lui. Ils l’ont dénoncé le lendemain. Les derniers relevés indiquaient 64,8 milliards de dollars d’actifs clients.
En 2009, âgé de 71 ans, Madoff a plaidé coupable à 11 chefs d’accusation fédéraux : fraude sur valeurs mobilières, fraude électronique, fraude postale, parjure et blanchiment d’argent. Symbole de la cupidité wall-streetienne avant la crise de 2008, il a été condamné à 150 ans de prison et à la confiscation de 170 milliards de dollars. Aucune autre figure de Wall Street n’a été poursuivie.
Son histoire a inspiré livres, films et une mini-série ABC.
Né le 29 avril 1938 dans le Queens à New York, Bernie Madoff fréquente Ruth Alpern dès l’adolescence. Dans une interview depuis sa prison, il évoque la faillite de son père, gérant d’un magasin de sport pendant la guerre de Corée : « Vous voyez votre père idolâtré tout perdre. » Cela l’a poussé vers un « succès durable, quoi qu’il en coûte ».
En 1960, à 22 ans, il fonde Bernard L. Madoff Investment Securities LLC avec 5 000 dollars gagnés comme installateur de gicleurs et sauveteur (équivalent à 41 000 dollars en 2017). Il trade des penny stocks et convainc amis et famille d’investir. La chute du marché en 1962 (« Kennedy Slide ») le force à être renfloué par son beau-père.
Se sentant outsider à Wall Street, Madoff se distingue comme teneur de marché pour petites ordres : « J’étais heureux de ramasser les miettes. »
Avec son frère Peter, il innove en trading électronique, attirant volumes massifs. Fin 1980, il gagne 100 millions par an, traite la moitié des ordres NYSE et préside le Nasdaq en 1990, 1991 et 1993.
Date de début incertaine : 1991 selon lui, mais dès 1975 selon Frank DiPascali. Motivations obscures : « J’avais assez d’argent pour mon style de vie. Je ne sais pas pourquoi. » Ses activités légitimes étaient lucratives.
Il suggère une responsabilité partagée, notamment avec les « Big Four » (Carl Shapiro, Jeffry Picower, etc.), qui ont profité de centaines de millions. « Tout le monde était gourmand. »
Rendements attractifs (10-20 % annuels, stables), image exclusive, charité (fraudant fondations comme celle d’Elie Wiesel ou Hadassah). Facteurs de crédibilité :
Les fonds dormaient chez Chase (futur JPMorgan), finançant rachats via nouveaux capitaux.
La SEC scrute Madoff depuis 1999 sans agir. Harry Markopolos alerte dès 1999-2005 sur anomalies mathématiques (rendements impossibles, pas de frais 2/20). En 2005, quasi-faillite, mais SEC laxiste. Critiquée pour son inertie.
Novembre 2008 : rendements 5,6 % vs. -39 % S&P. Impossible de suivre rachats. Confession à ses fils le 10 décembre ; arrestation le 11. Il clame solitude, mais complices condamnés. Fils Mark se suicide en 2010, Andy meurt en 2014.
Condamné en 2009, emprisonné à Butner (n° 61727-054). Demande de libération en 2020 refusée (maladie rénale).
Fraude sur 50 ans, 47 milliards de « profits » fictifs. Irving Picard récupère 13,3 milliards. Madoff Victim Fund : 2,7 milliards versés à 37 011 victimes fin 2018, priorisant pertes nettes.
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