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Le Brexit : Histoire complète, négociations et conséquences économiques

Qu'est-ce que le Brexit ?

Le Brexit, contraction de « British » et « exit », désigne la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne (UE), validée par référendum le 23 juin 2016. Le départ effectif a eu lieu le 31 janvier 2020 à 23 heures GMT.

Le 24 décembre 2020, un accord de libre-échange provisoire a été conclu entre le Royaume-Uni et l'UE, évitant les droits de douane et quotas sur les marchandises. Cependant, les services – représentant 80 % de l'économie britannique – restent incertains. Cet accord a prévenu un « no deal » catastrophique pour l'économie britannique.

Approuvé par le Parlement britannique le 30 décembre 2020 et par le Parlement européen le 29 avril 2021, l'Accord de commerce et de coopération (TCA) facilite le commerce des biens, mais impose toujours des contrôles douaniers, rendant les échanges moins fluides qu'avant.

Le référendum de 2016

Le camp « Leave » l'a emporté avec 51,9 % des voix (17,4 millions), contre 48,1 % pour « Remain » (16,1 millions), avec une participation de 72,2 %. Les résultats varient régionalement : 53,4 % en Angleterre pour le Brexit, contre 38 % en Écosse.

L'Angleterre, majoritaire démographiquement, a pesé lourd. Sans elle, le Brexit n'aurait recueilli que moins de 45 % des voix au Pays de Galles, en Écosse et en Irlande du Nord.

Ce résultat inattendu a ébranlé les marchés mondiaux, faisant chuter la livre sterling à son plus bas niveau en 30 ans face au dollar. David Cameron, partisan du « Remain », a démissionné le lendemain, remplacé par Theresa May en juillet 2016.

La période de négociation de l'article 50

Le 29 mars 2017, Theresa May a activé l'article 50 du traité de Lisbonne, lançant un délai initial de deux ans pour négocier. Une élection anticipée le 8 juin 2017 a vu les conservateurs perdre leur majorité absolue, forçant un accord avec le DUP nord-irlandais.

Les négociations ont débuté le 19 juin 2017. Premier pays à quitter l'UE via cet article, le Royaume-Uni naviguait en terrain inconnu.

Le 25 novembre 2018, un accord de retrait de 599 pages a été conclu, couvrant droits des citoyens, facture du divorce et frontière irlandaise. Rejeté massivement par le Parlement le 15 janvier 2019 (432 contre 202), il a marqué la plus lourde défaite gouvernementale récente.

May a démissionné le 7 juin 2019 après trois échecs. Boris Johnson, fervent brexiteur, lui a succédé. Il a négocié un nouvel accord le 17 octobre 2019, remplaçant le backstop irlandais.

En août 2019, la suspension du Parlement demandée par Johnson a été jugée illégale par la Cour suprême le 24 septembre.

Les partis ont connu des crises : défections, accusations d'antisémitisme chez Labour, expulsions par Johnson. Une élection le 12 décembre 2019 a donné une majorité écrasante aux conservateurs (364 sièges).

Négociations sur le Brexit

David Davis a démissionné en juillet 2018, suivi de Dominic Raab et Stephen Barclay. Côté UE, Michel Barnier menait les discussions.

Le Royaume-Uni voulait négocier retrait et relation future simultanément ; l'UE a imposé une séquence priorisant le divorce.

Droits des citoyens

Question clé : droits des 3 millions de citoyens UE au Royaume-Uni et 1 million de Britanniques dans l'UE. L'accord de retrait préserve la libre circulation jusqu'à fin transition, puis résidence conditionnée au travail ou ressources.

La migration nette UE a chuté depuis 2016. Le Parlement britannique a bataillé pour protéger ces droits.

Règlement financier

La « facture Brexit » s'élève à environ 32,8 milliards de livres (estimations officielles), couvrant contributions passées et transition. Le Royaume-Uni récupérera des actifs, dont de la BEI.

Point bloquant résolu en décembre 2017 après concessions de May.

Frontière nord-irlandaise

Le protocole remplace le backstop : Irlande du Nord suit certaines règles UE, créant une frontière en mer d'Irlande. Votable après 4 ans.

Éviter une « frontière dure » protège l'Accord du Vendredi Saint (1998), mais pose des défis logistiques et politiques.

Arguments pour et contre

Les « Leavers » invoquaient souveraineté, immigration, bureaucratie UE. Les « Remainers » soulignaient risques économiques et bénéfices des quatre libertés UE.

Impact annuel du Brexit sur le Royaume-Uni après 15 ans (différence vs. UE)
EEEAccord bilatéralOMC
PIB central-3,8 %-6,2 %-7,5 %
PIB par habitant central-1 100 £-1 800 £-2 100 £
PIB par ménage central-2 600 £-4 300 £-5 200 £

Source : Trésor britannique, 2016.

Réponse économique

Croissance ralentie (1,4 % en 2018), chômage bas (3,9 %), inflation impactée. Commerce UE potentiellement -22 %.

Modèles post-Brexit

Modèle Norvège (EEE) : Accès marché unique, mais règles UE sans vote.
Modèle Suisse : Accords bilatéraux complexes.
Modèle Canada (CETA) : Libre-échange, mais temps long.
OMC : Tarifs, chute commerce.

Impacts régionaux et futurs

Écosse pro-UE pousse pour indépendance. Conséquences US : investissements affectés. Autres pays (Italie, France) : euroscepticisme croissant.

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