Milton Friedman était un économiste et statisticien américain, célèbre pour sa défense passionnée du capitalisme de marché libre.
Milton Friedman est né le 31 juillet 1912 à Brooklyn, New York, et décédé le 16 novembre 2006 en Californie. Issu d'une famille modeste de la côte Est, il étudie les mathématiques et l'économie à l'Université Rutgers, dont il sort diplômé en 1932. Il obtient ensuite son doctorat en économie à l'Université de Columbia en 1946.
En 1937, il rejoint le National Bureau of Economic Research (NBER) pour analyser la répartition des revenus aux États-Unis. Ses travaux sur l'inégalité l'amènent à se spécialiser en recherche fiscale et analyse statistique. Soutien initial de l'effort de guerre dans les années 1940, il travaille pour le gouvernement fédéral à la Division de la recherche sur la guerre et comme conseiller au Trésor, où il préconise une hausse des impôts pour juguler l'inflation et conçoit le système de retenue à la source des impôts sur le revenu.
En 1946, après son doctorat, Friedman intègre l'Université de Chicago comme professeur d'économie, où il développe ses théories les plus influentes. Contre les keynésiens traditionnels, il défend les vertus du marché libre. Son livre Une histoire monétaire des États-Unis, 1867-1960 met en lumière le rôle de la politique monétaire dans l'origine et l'aggravation de la Grande Dépression.
Sa première percée majeure survient en 1957 avec la théorie de la fonction de consommation. Elle postule que les décisions de consommation et d'épargne dépendent principalement des variations permanentes du revenu, et non des fluctuations temporaires. Cela mène à l'hypothèse du revenu permanent, expliquant pourquoi des hausses d'impôts temporaires réduisent l'épargne sans affecter la consommation.
La contribution clé de Friedman réside dans sa critique des théories macroéconomiques dominantes. À l'époque, le keynésianisme, initié par John Maynard Keynes, prévalait : il privilégiait les variables agrégées, la politique budgétaire sur la monétaire, les dépenses publiques pour lisser les cycles et des prix rigides.
Dans ce cadre keynésien, Friedman forge le monétarisme, insistant sur l'importance de la politique monétaire. Les variations de la masse monétaire impactent les prix à court et long terme. Il réfute le multiplicateur keynésien et la courbe de Phillips.
En 1976, il reçoit le prix Nobel d'économie pour ses travaux sur le revenu, la consommation et la théorie monétaire. Auteur de livres et articles pionniers, il a transformé l'enseignement de l'économie.
John Maynard Keynes et Milton Friedman dominèrent la pensée économique du XXe siècle : le premier en première moitié, le second en seconde.
Keynes pose les bases de la politique macroéconomique gouvernementale ; Friedman s'impose en critiquant ses propositions et en exaltant la politique monétaire.
Keynes prône l'intervention gouvernementale via la politique budgétaire pour relancer la demande en récession, stimulant consommation, investissement et emploi.
Son paradigme, l'économie keynésienne, reste influent mais critiqué pour justifier déficits et dettes publics.
Friedman s'oppose aux politiques keynésiennes post-guerre : il appelle à la déréglementation, au libre-échange, à un gouvernement réduit et à une croissance régulière de la masse monétaire. Son monétarisme, fondé sur la théorie quantitative de la monnaie, inspire l'École de Chicago.
Son Nobel en 1976 marque le déclin keynésien au profit de l'École de Chicago. Friedman recentre sur prix, inflation et incitations, contre l'emploi et la politique publique keynésiens. Face à la stagflation des années 1970, il triomphe intellectuellement.
Voici cinq leçons tirées de son œuvre.
Friedman insistait : évaluez les politiques sur leurs effets concrets. Il critiquait le salaire minimum pour ses impacts négatifs sur les jeunes et minorités, les tarifs protégeant les consommateurs, et la guerre contre la drogue pour ses conséquences inattendues.
Éloquent, il popularise l'économie via interviews (Phil Donahue), conférences, sa série TV Free to Choose et son livre éponyme.
Cette maxime réaffirme la théorie quantitative : à long terme, croissance monétaire = hausse des prix, non de la production. Il brise la dichotomie keynésienne coût/poussée-demande.
Critique acerbe du gouvernement, il argue que les marchés libres surpassent l'interventionnisme par moralité et efficacité, via incitations et évitement de la capture réglementaire.
Exemples : contrôles Nixon causant pénuries ; agences créant monopoles ; politiques sociales piégeant en pauvreté. Priorité aux résultats des interactions volontaires.
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