L'assouplissement quantitatif (QE) est une politique monétaire non conventionnelle mise en œuvre par les banques centrales. Elle consiste à acheter des titres à plus long terme sur le marché ouvert pour accroître la masse monétaire, stimuler les prêts et les investissements. Ces achats injectent de la liquidité fraîche dans l'économie, font baisser les taux d'intérêt sur les actifs à revenu fixe et élargissent le bilan de la banque centrale.
Quand les taux d'intérêt à court terme frôlent zéro, les opérations d'open market classiques perdent en efficacité. Les banques centrales ciblent alors des volumes précis d'actifs à acquérir, augmentant la masse monétaire via des réserves bancaires nouvellement créées pour fournir plus de liquidités aux banques.
Les banques centrales exécutent le QE en achetant des obligations d'État et autres titres, augmentant la masse monétaire et abaissant les taux d'intérêt. Cela permet aux banques d'accorder des prêts à des conditions plus attractives. Le QE est déployé quand les taux sont déjà bas, épuisant les autres leviers de croissance.
Si le QE s'avère insuffisant, la politique budgétaire peut intervenir. Le QE peut fusionner politique monétaire et budgétaire, comme lors d'achats d'obligations émises pour financer des dépenses anticycliques.
Augmenter la masse monétaire risque de générer de l'inflation. Le pire scénario est la stagflation : inflation sans croissance. Les banques centrales ne peuvent forcer les banques à prêter ni les entreprises à emprunter ; si la liquidité reste immobilisée, le QE peut échouer.
Autre risque : dévaluation de la monnaie nationale, favorisant les exportations mais renchérissant les importations et les coûts de production.
De 2009 à 2014, la Fed a gonflé son bilan à plus de 4 000 milliards de dollars via le QE post-crise 2008. Les banques ont accumulé des réserves excédentaires (2 700 milliards avant COVID), limitant l'impact sur la croissance. Néanmoins, la plupart des économistes estiment que le QE a sauvé l'économie américaine et mondiale, bien que son rôle exact reste débattu.
Après la crise asiatique de 1997, la Banque du Japon (BoJ) a lancé un QE agressif dès 2001, achetant dettes privées et actions. Malgré cela, le PIB nominal a chuté de 5 450 à 4 520 milliards de dollars entre 1995 et 2007.
Post-2008, la Banque nationale suisse (BNS) a accumulé des actifs supérieurs au PIB national, la plus grande QE relative. La croissance a repris, mais l'inflation cible n'a pas été atteinte malgré des taux négatifs.
En août 2016, la Banque d'Angleterre (BoE) a injecté 60 milliards de livres d'obligations d'État et 10 milliards de dette d'entreprise post-Brexit. L'investissement a crû modestement (0,4 % trimestriel), son impact restant incertain.
Le 15 mars 2020, la Fed a annoncé 700 milliards de dollars d'achats d'actifs face au COVID-19, étendus indéfiniment.
Le QE accroît la liquidité en achetant des obligations à long terme aux banques, pionnier par la BoJ en 2001, puis adopté mondialement. Cela libère les banques pour prêter et investir, stimulant la croissance.
Critiques y voient une forme d'impression monétaire risquant l'hyperinflation (Zimbabwe, Allemagne 1920). Partisans notent que via les banques, les risques sont moindres.
Le débat persiste. La BoJ n'a pas réussi à l'influer malgré efforts répétés. Aux États-Unis post-2008, les craintes d'inflation massive ne se sont pas réalisées.
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