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Diversité raciale dans le système judiciaire américain : histoire et défis actuels

Le système judiciaire américain a longtemps été dominé par des juges blancs. Représenter la diversité démographique de la nation est crucial pour garantir une justice impartiale et légitime, mais cet objectif demeure inachevé.

La première personne de couleur nommée juge fédéral fut William H. Hastie, avocat noir et ancien gouverneur des Îles Vierges américaines. Nommé à la Cour d'appel des États-Unis pour le troisième circuit par le président Harry Truman en 1949, il servit jusqu'en 1971 et devint juge en chef en 1968.

Aujourd'hui, les juges issus de groupes minoritaires représentent seulement 20 % des juges fédéraux actifs (tribunaux de district, cours de circuit et Cour suprême). La diversité est encore plus faible dans les systèmes judiciaires des États.

Cet article examine l'histoire du système judiciaire américain, son état actuel et les perspectives d'évolution.

Points clés à retenir

  • Les groupes minoritaires représentent 20 % des juges fédéraux aux États-Unis, et moins encore au niveau des États.
  • À la Cour suprême, seuls 3 des 115 juges historiques étaient des personnes de couleur.
  • Même après l'abolition de l'esclavage, les barrières juridiques et la discrimination raciale ont freiné l'accès des non-Blancs à la justice jusqu'au XXe siècle.

Une histoire marquée par le racisme

En 1844, Macon Bolling Allen fit face à d'énormes obstacles pour devenir avocat dans le Maine. Bien que les exigences se limitent à une moralité irréprochable, sa couleur de peau le disqualifiait en tant que citoyen. Il réussit néanmoins à prêter serment mais peina à exercer, faute de clients. Beaucoup d'historiens estiment qu'il choisit le Maine, État abolitionniste, pour tenter sa chance.

L'ère de la Reconstruction (1865, post-Guerre de Sécession) visa à corriger les injustices de l'esclavage, mais le système judiciaire évolua lentement. Le 13e amendement abolit l'esclavage en 1865, le 14e accorda la citoyenneté en 1868, et le 15e le droit de vote aux hommes non blancs en 1870. Des lois discriminatoires contournèrent toutefois ces avancées, un débat persistant illustré par la loi HR 1 sur le droit de vote.

Premières percées : la profession d'avocat

Les juges sont souvent d'anciens avocats. C'est dans cette profession que les minorités firent leurs premiers pas.

En 1869, George Lewis Ruffin fut le premier Afro-Américain diplômé de Harvard Law School. Il siégea au conseil municipal de Boston, fut élu à la législature du Massachusetts et devint juge municipal à Charlestown en 1883.

Les pionniers minoritaires affrontèrent racisme et obstacles. Charlotte E. Ray, première femme noire avocate (1872, Howard University), abandonna le barreau pour l'enseignement face aux préjugés. Hong Yen Chang, premier Asiatique-Américain (1886, Columbia Law School), fut bloqué par le Chinese Exclusion Act mais admis à New York ; la Californie lui refusa toutefois l'exercice. Albert Gallatin McIntosh, premier avocat amérindien (1899), membre des Creek (Muscogee), fut surintendant scolaire et délégué à la Convention de Sequoyah.

Gustavo Garcia, premier avocat latino devant la Cour suprême, remporta Hernandez v. Texas en 1954, étendant les droits aux Américains mexicains.

L'accès à la magistrature

La branche judiciaire fédérale fut établie par la Judiciary Act de 1789, sous George Washington.

Il fallut 160 ans pour la première nomination de couleur : William H. Hastie en 1949. Les non-Noirs suivirent plus tard :

  • Reynaldo Guerra Garza, premier Latino, nommé par JFK en 1961 au tribunal de district sud du Texas.
  • Herbert Choy, premier Asiatique-Américain, par Nixon en 1971 à la Cour de circuit du 9e circuit.
  • Billy Michael Burrage, premier Amérindien, par Clinton en 1994 aux tribunaux de district.

Les juges fédéraux sont nommés à vie par le président et confirmés par le Sénat. Au niveau étatique, où beaucoup sont élus, les barrières tombèrent plus tôt, malgré les persécutions. Jonathan Jasper Wright, premier Afro-Américain à une cour suprême d'État (Caroline du Sud, 1870), démissionna en 1877 face à des accusations politiques. James Dean, premier élu (Floride, 1888), fut suspendu pour avoir marié un couple cubano-américain ; réhabilité en 2006 par Jeb Bush.

Les avocats actuels : un manque de diversité

Selon le Bureau of Labor Statistics, parmi les avocats américains : 6,8 % Noirs, 5,2 % Asiatiques, 5,8 % Latinos. Les Amérindiens ne représentent que 0,2 % (American Bar Association).

Juges fédéraux : diversité raciale actuelle

Le système fédéral comprend tribunaux de district (première instance), cours de circuit (appel) et Cour suprême.

Sur 1 388 juges actifs, 275 (20 %) sont minoritaires ; 80 % blancs.

Tribunaux de district

94 tribunaux : 72,4 % blancs, 27,6 % minoritaires.

Cours de circuit

13 cours (12 régionales + 1 fédéral) : 77,1 % blancs, 22,9 % minoritaires. Aucun Amérindien.

Cour suprême

Neuf juges : 7 blancs, 1 Noir (Clarence Thomas), 1 Latino (Sonia Sotomayor). Sur 115 historiques, 3 minoritaires (2,6 %). Thurgood Marshall (1967) fut le premier.

Juges étatiques : diversité raciale actuelle

Moins diversifiés que le fédéral : plus de 80 % blancs à tous niveaux. Aux cours suprêmes étatiques : 15,5 % minoritaires.

Vers des juges plus diversifiés

Les progrès sont réels, mais insuffisants pour refléter la population américaine. Favoriser l'accès des minorités aux facultés de droit et promouvoir leurs nominations/élections est essentiel pour une justice inclusive et équitable.


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