Le blanchiment d'argent est un processus illégal visant à faire apparaître des sommes importantes issues d'activités criminelles, comme le trafic de drogue ou le financement du terrorisme, comme provenant de sources légitimes. L'argent "sale" est ainsi "blanchi" pour sembler propre.
Ce crime financier grave est utilisé par des criminels en col blanc comme par des organisations de rue. Les institutions financières appliquent des politiques strictes de lutte contre le blanchiment d'argent (AML) pour détecter et prévenir ces pratiques.
Indispensable pour les organisations criminelles, le blanchiment permet d'utiliser efficacement les fonds illicites. Manipuler de grandes quantités d'argent liquide est risqué et inefficace ; il faut les intégrer au système financier légal.
Les banques doivent signaler les transactions en espèces importantes ou suspectes, signes potentiels de blanchiment.
Le processus comporte généralement trois étapes : placement, superposition et intégration.
En pratique, ces étapes peuvent varier, être combinées ou répétées. Parmi les méthodes courantes : utiliser une entreprise légitime en espèces (restaurant, par exemple) pour gonfler les recettes et déposer les fonds sur un compte bancaire. Ces "façades" masquent l'origine criminelle.
Une technique répandue est le "smurfing" (ou structuration) : diviser de grosses sommes en petits dépôts sur divers comptes pour éviter les seuils de déclaration. D'autres incluent bureaux de change, virements électroniques et "mules" transportant de l'argent liquide vers des juridictions laxistes.
Autres méthodes :
Internet a révolutionné ce crime. Banques en ligne, paiements anonymes, transferts P2P et anonymiseurs compliquent la traçabilité. Les cryptomonnaies comme Bitcoin, malgré leur non-anonymat total, sont prisées pour leur discrétion relative dans le ransomware, trafic de drogue, etc.
Les ventes en ligne, jeux d'argent virtuels convertissent l'argent sale en gains "légitimes". Les lois AML peinent à suivre ces évolutions numériques.
Les gouvernements renforcent la lutte : institutions financières doivent détecter et signaler les suspicions. L'ONUDC estime les flux mondiaux à 800-2000 milliards de dollars annuels (2-5% du PIB mondial).
Créé en 1989 par le G7, le GAFI coordonne les efforts globaux, élargis au terrorisme. Aux États-Unis : Bank Secrecy Act (1970), loi anti-blanchiment (1986), USA Patriot Act (post-11/09). FinCEN analyse les SAR.
Certifications comme CAMS (ACAMS) forment experts en conformité et investigation.
L'AML prive les criminels de profits, décourageant trafics de drogue, humains, terrorisme, etc., avec bénéfices sociétaux majeurs.
FinCEN (2021) note leur rôle croissant : paiements illicites, mixers/tumblers brisant les liens entre portefeuilles.
Achat de jetons en cash, échange contre chèques sans jeu significatif.
Sous/surévaluation, flips rapides, intermédiaires, ventes privées pour masquer l'origine.
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