Le Troubled Asset Relief Program (TARP), ou Programme de Secours aux Actifs en Difficulté, est une initiative lancée par le Trésor américain pour stabiliser le système financier, relancer la croissance économique et limiter les saisies immobilières après la crise de 2008. Ce programme visait ces objectifs en achetant des actifs toxiques et des actions d'entreprises en péril.
En septembre 2008, les marchés du crédit mondiaux se sont figés. Des géants comme Fannie Mae, Freddie Mac et AIG étaient au bord du gouffre, Lehman Brothers a fait faillite, tandis que Goldman Sachs et Morgan Stanley se sont reconvertis en banques commerciales pour survivre.
Pour éviter la catastrophe, le secrétaire au Trésor Henry Paulson a impulsé le TARP, promulgué par le président George W. Bush le 3 octobre 2008 via la loi d'urgence sur la stabilisation économique.

L'objectif initial : restaurer la liquidité des marchés monétaires et hypothécaires en rachetant des MBS, réduisant ainsi les pertes des institutions détenant ces actifs.
Par la suite, le programme a évolué pour inclure l'achat d'actions dans banques et institutions financières. Doté initialement de 700 milliards de dollars, ce plafond a été réduit à 475 milliards par la loi Dodd-Frank de 2010.
Les fonds ont servi à acquérir des actions dans banques, assureurs et constructeurs auto, ainsi qu'à prêter à des institutions et propriétaires.
Le gouvernement a injecté des actions préférentielles dans huit grandes banques : Bank of America/Merrill Lynch, Bank of New York Mellon, Citigroup, Goldman Sachs, J.P. Morgan, Morgan Stanley, State Street et Wells Fargo. Celles-ci versaient un dividende de 5 % (passant à 9 % en 2013), incitant à un rachat rapide des titres dans les cinq ans.
D'ici au 3 octobre 2010 : 245 milliards pour les banques, 27 milliards pour le crédit, 80 milliards pour l'auto (GM, Chrysler), 68 milliards pour AIG et 46 milliards contre les saisies (dont "Making Home Affordable").
Les bénéficiaires perdaient des avantages fiscaux, avec limitations sur les rémunérations des dirigeants et interdiction de primes pour les 25 mieux payés. Malgré cela, 20 milliards de dollars de bonus ont été versés en 2009, surnommés ironiquement "primes TARP".
En décembre 2013, le Trésor clôture le TARP avec un gain net de 11 milliards de dollars pour les contribuables (441,7 milliards récupérés sur 426,4 investis). Il a sauvé l'industrie auto, préservé plus d'un million d'emplois, stabilisé les banques et restauré le crédit.
Toujours controversé : loué pour avoir sauvé le système financier, critiqué pour avoir favorisé Wall Street sans conditions strictes. Les marchés immobiliers ont peu bénéficié, et certains reprochent un précédent de sauvetage sans réformes profondes.
Le public a perçu un deux poids deux mesures : bonus records à Wall Street pendant la Grande Récession, marquée par chômage, endettement et saisies.
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