Quand le premier confinement national a été annoncé en mars 2020, il a été accompagné de l'interdiction d'assister à des événements sportifs en direct.
La plupart des spectateurs ont été privés de ces événements pendant plus d'un an. Résultat : le sport en direct est devenu plus accessible depuis chez soi.
La pandémie a aussi révolutionné la production des diffusions, avec des commentateurs à distance et des mesures de distanciation sociale strictes.
Maintenant que les restrictions se sont largement assouplies dans le monde, utilisons-nous encore les technologies et systèmes qui ont permis de maintenir les diffusions sportives ?
Durant le confinement de mars 2020, la majorité des compétitions sportives ont été annulées. Puis, lors de leur reprise en streaming sans public, des protocoles de distanciation ont été mis en place : présentateurs espacés de deux mètres, parfois séparés par des parois vitrées. Certains diffuseurs ont même opéré entièrement à distance.
Pour les grands événements comme les JO de Tokyo 2020, les Open de France et des États-Unis ou le Tour de France, Eurosport a déployé une solution à faible latence permettant aux commentateurs de vivre les épreuves depuis chez eux. BT Sport a suivi le même modèle pour la reprise de la Bundesliga en mai 2020.
Ces innovations ont relevé de vrais défis, notamment les délais de latence (inférieurs à 250 ms pour une synchronisation parfaite) et la gestion de flux multiples pour divers publics. Eurosport juge cette technologie couronnée de succès et l'utilise désormais régulièrement, même sans restrictions.
La saison 2020-2021 de Premier League s'est déroulée sans supporters dans les stades pendant la plus grande partie de la saison. La ligue a donc passé un accord avec Sky Sports, BT Sport et Amazon Prime pour diffuser tous les matchs en direct.
Aujourd'hui, avec le retour des fans en tribunes, on revient à un modèle limité de diffusions à des horaires fixes. Pourtant, la levée temporaire du black-out de 15 heures a été plébiscitée, ouvrant le sport à un public plus large.
La controverse de la Super League européenne a accentué ce débat : les fans "hérités" ont été relégués au second plan au profit des téléspectateurs mondiaux. Désormais, beaucoup plaident pour un équilibre entre affluence en stade et accessibilité en ligne, sans exclure la fin définitive du black-out.
Pour des millions de fans, partager l'expérience sportive avec proches et amis a été le plus dur. Entre mars 2020 et juillet 2021, les rassemblements dans les pubs étaient impossibles.
Des diffuseurs britanniques comme Eleven Sports et Sky Sports ont lancé des outils virtuels : la Fanzone de Sky permet à six foyers de regarder un match en synchro sur un second écran, avec quiz interactifs. Eleven Sports propose jusqu'à quatre connexions simultanées, y compris des salles ouvertes pour rencontrer d'autres fans.
Ces solutions recréent l'ambiance live pour ceux éloignés géographiquement ou impossibilités de se déplacer.
En résumé, la COVID-19 a forcé les diffuseurs à innover : pas de public pendant 18 mois, équipes distantes. Même avec le retour des foules en Europe, les attentes des fans ont évolué. Ces changements perdureront-ils ?
[]