La plupart des entreprises affichent aujourd'hui une présence internationale, particulièrement les acteurs numériques ambitieux qui développent leur marque en ligne. Mais imaginez leur efficacité accrue en intégrant sérieusement d'autres langues que l'anglais.
Cette question touche surtout les entreprises des pays anglophones.
Les statistiques révèlent un écart flagrant : seuls 18 % des Américains parlent une autre langue (souvent l'espagnol), contre 56 % des Européens.
Nombreuses entreprises américaines – et probablement anglophones – considèrent l'anglais comme la langue des affaires mondiales. Pourquoi embaucher du personnel bilingue ou multilingue ?
Est-ce rentable de former les équipes à des langues stratégiques pour élargir l'influence ? Les entrepreneurs gagneraient-ils à investir leur temps dans l'apprentissage d'une langue pour des rôles plus impactants et rémunérateurs ?
Il est indéniable que les entreprises internationales doivent communiquer au-delà de l'anglais. Des études confirment les pertes liées aux barrières linguistiques : le Comité américain pour le développement économique (CED) estime à 2 milliards de dollars par an les préjudices subis par les firmes US dus à des malentendus linguistiques.
Qui former en priorité ? Les équipes en contact régulier avec des partenaires étrangers, ou en déplacement pour ventes et recrutements, gagnent en efficacité en maîtrisant les langues locales. Des anecdotes illustrent ces bénéfices : l'ancien PDG de Coca-Cola, Douglas Daft, attribue sa carrière de 30 ans en Asie à sa maîtrise des langues et cultures locales, une compétence qu'il juge essentielle.
De même, Richard Wagoner, ex-PDG de General Motors, souligne l'efficacité accrue de ses échanges au Brésil grâce au portugais.
Les avis divergent sur l'impact salarial de l'apprentissage linguistique, sauf pour des postes spécifiques en relations internationales.
Dans les pays anglophones, les langues européennes dominent, alors que le commerce pivote vers l'Asie. Résultat : primes salariales modestes aux États-Unis – 1,7 % pour l'espagnol, 4 % pour le chinois ou le russe.
Inversement, pour les immigrants aux États-Unis, une excellente maîtrise de l'anglais booste le salaire de 30 % en moyenne.
Les États-Unis accusent un retard, tandis que le Royaume-Uni, historiquement eurocentré, mène la danse.
Le British Council, dans son rapport "Languages for the Future", identifie les langues clés pour les opportunités commerciales : arabe, français, allemand, italien, japonais, portugais, russe, turc et mandarin.
Le commerce international est une réalité incontournable, avec une clientèle multiculturelle en croissance. Ignorer le multilinguisme expose les entreprises à des risques majeurs.
Cependant, les priorités de formation restent à affiner, les preuves n'étant pas unanimes.
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