L'indice de Gini, ou coefficient de Gini, est un indicateur clé pour mesurer la répartition des revenus au sein d'une population. Développé par le statisticien italien Corrado Gini en 1912, il évalue les inégalités économiques, principalement sur les revenus, et plus rarement sur la richesse.
Ce coefficient varie de 0 (égalité parfaite) à 1 (inégalité totale), soit 0 % à 100 %. Des valeurs supérieures à 1 sont théoriquement possibles en cas de revenus négatifs.
Dans un pays où tous les résidents ont le même revenu, le coefficient est de 0. À l'opposé, si un seul résident capte tout le revenu, il est de 1.
La même logique s'applique à la richesse (coefficient de Gini de la richesse), mais plus difficile à mesurer, l'indice porte généralement sur les revenus. Les Gini de richesse sont souvent bien plus élevés.
Outil précieux pour analyser la distribution des revenus ou de la richesse, il ne reflète pas les niveaux absolus. Ainsi, la Turquie et les États-Unis affichent un Gini similaire (environ 0,39-0,40 selon l'OCDE), malgré un PIB par habitant bien inférieur en Turquie.
L'indice est visualisé via la courbe de Lorenz : axe horizontal pour le centile de population par revenu, vertical pour le revenu cumulé. Le Gini égale deux fois l'aire entre la courbe de Lorenz et la ligne d'égalité parfaite (0,5).
Exemple : au 47e centile, Haïti cumule 10,46 % des revenus, la Bolivie 17,42 %. La ligne droite représente l'égalité parfaite (47 % pour 47 %). Pour Haïti (2012), aire sous courbe ≈ 0,2 ; Gini ≈ 0,6 (60 %). Haïti est plus inégalitaire que la Bolivie.
Le Gini mondial a crû aux XIXe et XXe siècles : 0,50 en 1820, 0,657 en 1980-1992.
Source : Banque mondiale.
Le COVID-19 aggrave les inégalités : +1,5 point post-épidémies passées ; prévision +1,2 à 1,9 point pour 2020-2021.
Les données du CIA World Factbook montrent des Gini élevés dans les pays pauvres et bas en Europe riche. La corrélation avec le PIB par habitant varie historiquement (augmentation puis baisse, etc.).
Malgré son utilité, il souffre de lacunes : dépendance à des données fiables (économies souterraines surestiment les inégalités), difficulté pour la richesse (paradis fiscaux).
Distributions différentes peuvent donner le même Gini, masquant la "forme" des inégalités. La courbe de Lorenz aide, mais ignore les sous-groupes démographiques (âge, race), impactant l'interprétation.
L'Afrique du Sud (Gini 63,0) est la plus inégalitaire, due à discrimination raciale, sexuelle et géographique favorisant hommes blancs urbains.
À mi-chemin entre 0 (égalité) et 100 (inégalité), un Gini de 50 indique une répartition inéquitable ; seuls 15 pays dépassent ce seuil.
À 41,1, il est élevé pour une économie développée, lié à technologie, mondialisation, déclin syndical et érosion du salaire minimum.
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