Un bien Giffen est un produit de première nécessité, non luxueux, destiné aux ménages à faible revenu. Il défie la théorie classique de la demande : sa demande augmente lorsque son prix croît et diminue quand il baisse. En économétrie, cela se manifeste par une courbe de demande à pente ascendante, contrairement à la loi standard qui prévoit une pente descendante.
Le terme "biens Giffen" a été forgé à la fin du XIXe siècle, en hommage à l'économiste écossais Sir Robert Giffen. Ces biens concernent des produits essentiels avec très peu de substituts proches.
Des exemples classiques incluent le pain, le riz ou le blé. Ces aliments de base ont peu d'alternatives équivalentes au même niveau de prix.
Les biens Giffen sont rares en économie, car leur offre et leur demande inversent les règles conventionnelles. Ils résultent d'interactions entre offre, demande, prix, revenu et substitution – piliers des théories économiques. Les études de cas analysent comment ces facteurs génèrent une courbe de demande ascendante pour ces biens essentiels à faible revenu.
Les lois de l'offre et de la demande régissent l'économie micro et macro. Classiquement, une hausse des prix réduit la demande (courbe descendante), tandis qu'une baisse l'augmente. Le revenu peut moduler ces effets, et la substitution renforce souvent la tendance standard grâce à des alternatives disponibles.
Pour les biens Giffen, l'effet revenu domine l'effet de substitution. Peu de substituts existent, et ces biens étant essentiels, les consommateurs en achètent plus quand le prix monte : le budget alloué à d'autres produits diminue, renforçant la consommation du Giffen. Ainsi, effets revenu et substitution conjugués inversent la courbe.
Dans son Principles of Economics, Alfred Marshall cite Robert Giffen à propos de la hausse du prix du pain, poussant les pauvres à en consommer plus au détriment de la viande. Cet exemple fut contesté en 1947 par George J. Stigler dans "Notes on the History of the Giffen Paradox".
Une étude de 2007 par Robert Jensen et Nolan Miller (Harvard) apporte des preuves empiriques : dans le Hunan (Chine), subventionner le riz (aliment de base) a réduit sa consommation ; l'inverse s'est produit en supprimant la subvention. Les résultats étaient plus faibles pour le blé dans le Gansu.
Les deux défient la demande standard avec une courbe ascendante. Pour les Giffen, revenu et substitution expliquent le phénomène chez les ménages modestes.
Les Veblen, eux, sont des luxes (parfums, vins fins) : leur prix élevé signe le statut social, attirant les riches. L'effet revenu est négligeable, et la substitution minime car ils symbolisent le prestige.
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