Le ratio de couverture de liquidité (LCR, pour Liquidity Coverage Ratio) mesure la proportion d'actifs liquides de haute qualité détenus par les institutions financières pour faire face à leurs obligations à court terme. Ce ratio, issu des accords de Bâle III, constitue un test de résistance standardisé conçu pour anticiper les chocs de marché et garantir une réserve de capital suffisante face aux perturbations de liquidité à 30 jours.
Introduit par le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (BCBS), regroupant 45 représentants des principaux centres financiers mondiaux, le LCR fait partie des réformes de Bâle III. Il oblige les banques à maintenir un stock d'actifs hautement liquides pour financer 30 jours de sorties nettes de trésorerie en cas de crise, décourageant ainsi l'endettement excessif à court terme.
Les actifs liquides de haute qualité (HQLA) sont classés en trois niveaux de qualité décroissante : niveau 1 (les plus liquides), niveau 2A et niveau 2B. La période de 30 jours correspond au délai typique d'intervention des banques centrales et gouvernements en cas de crise.
Sous Bâle III, les actifs de niveau 1 ne subissent aucune décote. Les niveaux 2A et 2B sont pondérés respectivement de 15 % et 25-50 %. Les exemples incluent :
Bâle III vise un ratio de levier supérieur à 3 %. Aux États-Unis, la Fed impose 5 % pour les banques assurées et 6 % pour les SIFI (institutions d'importance systémique).
La formule du LCR est :
Exemple : Pour une banque avec 55 millions de dollars de HQLA et 35 millions de flux nets, LCR = 55 / 35 = 1,57 (157 %), conforme à Bâle III.
Proposé en 2010 et effectif à 100 % depuis 2019, le LCR s'applique aux banques de plus de 250 milliards de dollars d'actifs ou 10 milliards d'exposition étrangère. Les SIFI doivent maintenir un LCR ≥ 100 %.
Contrairement aux ratios courant, rapide ou de trésorerie (qui comparent actifs/passifs courants), le LCR se concentre sur un scénario de stress de 30 jours spécifique aux banques.
Le LCR peut réduire les prêts en favorisant la détention de liquidités, freinant potentiellement la croissance économique. Son efficacité en crise reste à prouver.
Les accords de Bâle (I, II, III) fixent des normes mondiales de capital et de liquidité pour absorber les pertes et prévenir les crises.
Il augmente les liquidités au détriment des prêts et son coussin de 30 jours pourrait s'avérer insuffisant en crise majeure.
Les SIFI (banques > 250 Md$ d'actifs ou 10 Md$ d'exposition) doivent détenir des HQLA ≥ flux nets sur 30 jours de stress.
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