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Maintien du rendement : définition, calcul et utilité en finance

Qu'est-ce que le maintien du rendement ?

Le maintien du rendement est une pénalité de remboursement anticipé qui compense les investisseurs pour la perte d'intérêts attendus. Elle garantit au prêteur le même rendement que si l'emprunteur avait honoré tous les paiements jusqu'à l'échéance. Les emprunteurs versent ainsi la différence entre le taux d'intérêt du prêt et le taux de marché actuel sur le capital remboursé anticipativement, pour la période restante jusqu'à l'échéance.

Ces primes rendent les investisseurs indifférents au remboursement anticipé – c'est-à-dire le règlement d'une dette avant son échéance officielle. Elles découragent également le refinancement, rendant cette option peu attractive pour les emprunteurs.

Points essentiels à retenir

  • Le maintien du rendement est une commission versée par les emprunteurs aux prêteurs (ou par les émetteurs d'obligations aux investisseurs) pour compenser la perte d'intérêts due à un remboursement anticipé de prêt ou à l'appel d'une obligation.
  • Il atténue le risque de remboursement anticipé pour les prêteurs et dissuade les emprunteurs de solder leurs dettes prématurément.
  • Formule de calcul : Maintien du rendement = valeur actuelle des paiements restants × (taux d'intérêt - rendement du Trésor).

Comprendre le maintien du rendement

Lorsqu'un emprunteur contracte un prêt – qu'il s'agisse d'une obligation ou d'un financement comme une hypothèque, un prêt auto ou un crédit commercial –, le prêteur perçoit des intérêts périodiques en échange de l'utilisation de ses fonds. Ce rendement attendu est planifié sur la durée totale du prêt.

Par exemple, un investisseur achetant une obligation de 100 000 € à 10 ans avec un coupon annuel de 7 % reçoit 7 000 € par an. De même, une banque accordant une hypothèque de 350 000 € à taux fixe anticipe des paiements mensuels d'intérêts sur des années.

Cependant, un remboursement anticipé du principal – dû souvent à une baisse des taux d'intérêt permettant un refinancement à moindre coût – expose le prêteur au risque de prépaiement. Ce dernier perd alors les intérêts futurs escomptés.

Pour protéger les prêteurs, le maintien du rendement est appliqué comme pénalité. Il assure au prêteur de maintenir son rendement initial malgré le remboursement précoce.

Ce mécanisme est particulièrement courant dans les prêts hypothécaires commerciaux. Prenons l'exemple d'un propriétaire immobilier ayant souscrit une hypothèque à 30 ans. Après 5 ans, une chute des taux le pousse à refinancer. Il rembourse l'ancienne dette, mais la banque perçoit une prime de maintien du rendement. Celle-ci lui permet de réinvestir le capital remboursé (plus la prime) dans des bons du Trésor, reproduisant le flux de trésorerie initialement prévu.

Comment calculer le maintien du rendement

La formule standard est : Maintien du rendement = valeur actuelle des paiements restants × (taux d'intérêt - rendement du Trésor).

Le facteur de valeur actuelle s'obtient par : (1 - (1 + r)-n/12) / r, où r = rendement du Trésor et n = nombre de mois restants.

Exemple : Solde restant de 60 000 € sur un prêt à 5 % intérêt, 60 mois (5 ans) restants. Rendement des bons du Trésor à 5 ans : 3 %.

Étape 1 : VP = [(1 - (1,03)-60/12) / 0,03] × 60 000 € ≈ 4,58 × 60 000 € = 274 782,43 €.

Étape 2 : Maintien du rendement = 274 782,43 € × (0,05 - 0,03) = 5 495,65 €.

L'emprunteur paie donc 5 495,65 € supplémentaires.

Si les rendements du Trésor augmentent, le prêteur peut même réaliser un profit, mais applique généralement une pénalité standard sur le capital restant.

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