La sélection adverse désigne une situation d'asymétrie d'information où une partie à une transaction possède des connaissances que l'autre ignore, souvent sur la qualité d'un produit ou d'un service. Cela survient lorsque le vendeur sait que son bien est défectueux sans en informer l'acheteur, ou inversement. Contrairement à l'information symétrique, où les deux parties disposent d'un savoir égal, l'asymétrie mène à des décisions sous-optimales.
En assurance, ce phénomène se manifeste quand des individus à haut risque (professions dangereuses, modes de vie risqués) souscrivent massivement des polices, comme l'assurance-vie, car ils connaissent mieux leur propre risque. Les assureurs contrebalancent cela en limitant la couverture ou en augmentant les primes.
Elle survient quand une partie détient des informations cruciales absentes chez l'autre, favorisant des choix irrationnels comme des affaires avec des clients risqués. En assurance, les souscripteurs évaluent taille, poids, santé, antécédents médicaux, profession, hobbies, habitudes (tabagisme, conduite) pour ajuster primes et couvertures, minimisant ainsi les pertes.
Les vendeurs exploitent souvent leur avantage informationnel. Par exemple, des dirigeants émettent des actions surévaluées, ou un vendeur de voiture d'occasion omet un vice caché, préjudiciant l'acheteur.
Les assurés à haut risque souscrivent plus volontiers, acceptant des primes élevées. Si le tarif est moyen mais que seuls les risqués achètent, l'assureur perd de l'argent. Solution : primes adaptées (plus élevées pour pilotes de course, zones criminogènes, fumeurs). Inversement, les bas risques délaissent l'assurance devenue chère.
Exemples : un fumeur se prétendant non-fumeur obtient une police à bas coût ; un assuré automobile déclare une fausse adresse en zone sûre, augmentant le risque réel de vol ou vandalisme.
L'aléa moral, comme la sélection adverse, découle d'une asymétrie, mais post-contrat : une partie modifie son comportement (ex. : banquiers prenant des risques excessifs anticipant un renflouement public). La sélection adverse précède l'accord, via des infos cachées sur actifs ou risques.
Théorisé par George A. Akerlof (1970, "The Market for 'Lemons'"), il illustre comment l'asymétrie dévalue les marchés : acheteurs craignent les "citrons" (mauvais produits), évitant même les bons. Prévalent en consommation, investissement, assurance et crédit, où prêteurs sous-estiment la solvabilité réelle. []