Une économie dirigée est un système économique où une autorité gouvernementale centrale détermine les niveaux de production autorisés et fixe les prix des biens et services. La plupart des industries sont alors sous contrôle public.
Elle s'oppose principalement à l'économie de marché libre, où la demande des consommateurs guide la production et les prix.
L'économie dirigée est typique des régimes communistes, tandis que l'économie de marché domine les sociétés capitalistes.
Des pays comme Cuba, la Corée du Nord et l'ex-URSS ont adopté ce modèle. La Chine l'a maintenu jusqu'en 1978 avant de transiter vers une économie mixte alliant éléments communistes et capitalistes, souvent qualifiée d'« économie de marché socialiste ».
Aussi appelée économie planifiée, elle repose sur la propriété et le contrôle étatique des moyens de production. La propriété privée des terres et du capital est absente ou très limitée.
Les planificateurs centraux déterminent les prix, les volumes de production et restreignent ou interdisent la concurrence privée. Dans sa forme pure, il n'existe aucun secteur privé, l'État détenant toutes les entreprises.
Les autorités établissent les priorités nationales : croissance économique, allocation des ressources et répartition de la production, souvent via des plans pluriannuels.
Les économistes libéraux soulignent deux faiblesses majeures : le problème des incitations et le manque d'information pour les planificateurs centraux.
Le problème des incitations
Il commence au sommet : les décideurs, humains avant tout, sont influencés par les lobbies et luttes de pouvoir, sans les garde-fous du marché comme les notations de crédit ou les fuites de capitaux.
Salaires fixés centralement et absence de profits découragent l'excellence, l'efficacité et l'innovation. La progression repose sur les relations politiques plutôt que sur la satisfaction client. La corruption y est endémique.
À plus grande échelle, la « tragédie des biens communs » s'aggrave : ressources collectives mal entretenues s'usent prématurément (logements, usines, équipements).
Le vide informationnel
Décrit par Ludwig von Mises et F.A. Hayek, le « problème du calcul économique » handicape les planificateurs : sans prix de marché reflétant offre et demande, impossible d'aligner production sur les besoins réels.
Dans une économie de marché, offre et demande s'équilibrent décentralement via les achats consommateurs et ajustements producteurs, avec données quantifiables tout au long de la chaîne.
Les planificateurs ignorent les préférences subtiles, entraînant gaspillage et appauvrissement progressif.
Ses partisans vantent l'allocation des ressources pour le bien-être social, prioritaire sur le profit privé des marchés.
Elles contrôlent mieux le chômage en créant des emplois, même artificiels.
Elles réagissent efficacement aux crises (guerre, catastrophe), bien que les économies de marché puissent aussi activer des pouvoirs d'urgence temporaires.
Contrôlée par les planificateurs étatiques, elle inclut :
Les monopoles sont tolérés pour servir les objectifs nationaux.
En économie de marché, les entreprises privées réagissent à l'offre-demande.
En économie dirigée, le gouvernement décide.
Aucune n'est pure aujourd'hui : les marchés intègrent régulations ; certaines dirigées s'ouvrent (ex. : boom chinois post-1978).
Les plans pluriannuels (ex. : 14 plans quinquennaux chinois, dernier jusqu'en 2025) fixent objectifs sectoriels : réduction carbone, développement rural, etc. Les industries doivent s'aligner.
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