Les fonds de couverture, ou hedge funds, sont des véhicules d'investissement gérés activement par des professionnels expérimentés. Ils regroupent des capitaux d'investisseurs qualifiés pour employer des stratégies variées, souvent audacieuses, comme l'effet de levier ou les actifs non traditionnels, afin de surpasser les performances moyennes du marché. Ces investissements alternatifs sont considérés comme risqués et réservés aux investisseurs fortunés en raison des seuils d'entrée élevés.
Le terme « hedge fund » évoque la notion de « couverture » : un gestionnaire de fonds traditionnel peut hedger ses positions en pariant à l'opposé de ses principaux avoirs pour limiter les pertes. Par exemple, dans un fonds axé sur les secteurs cycliques comme les voyages, des positions dans des secteurs défensifs (alimentation, utilities) compensent les baisses en récession.
Aujourd'hui, la plupart des hedge funds vont plus loin, s'éloignant de la couverture classique (modèle long/short equity) pour adopter des approches agressives.
Libérés de nombreuses contraintes réglementaires (par rapport aux fonds communs de placement supervisés par la SEC), les hedge funds recourent fréquemment à l'effet de levier – emprunt pour amplifier gains ou pertes –, aux dérivés (options, futures) et à des actifs illiquides ou exotiques.
Leur attractivité repose sur la réputation de « star managers ». Les frais ? Typiquement 1-2 % des actifs + 20 % des profits (modèle « 2 et 20 »).
Chaque fonds cible des opportunités spécifiques : événementiel, arbitrage taux fixes, etc. Ils sont structurés en partenariats limités, ouverts à un cercle restreint d'investisseurs qualifiés, avec investissements minimaux élevés et périodes de blocage (lock-up) d'au moins un an. Les retraits sont limités (trimestriels, semestriels).
Alfred Winslow Jones, investisseur australien, lance le premier en 1949 via A.W. Jones & Cie (100 000 $, dont 40 000 $ personnels). Il combine long/short equity, levier et hedging pour minimiser les risques actions.
En 1952, il introduit la performance fee de 20 %, posant les bases du modèle moderne.
Années 1960 : surperformance vs fonds communs. Article Fortune (1966) popularise le secteur. Années 1970 : krach et fermetures dues à des stratégies trop levierées.
Retour en force avec Institutional Investor (1986) sur Tiger Fund. Années 1990 : afflux massif, exotisme (devises, dérivés). Crises fin 1990s/début 2000s : échecs spectaculaires (Tiger Fund).
Actifs sous gestion : de 2 200 Md$ (2012) à 3 600 Md$ (2019). Nombre de fonds : >16 000 en 2019 (Preqin), après pics à 10 000+ en 2015.
Comparaison avec les fonds communs :
Critères SEC : revenu >200 000 $/an ou patrimoine net >1 M$ (hors résidence). Minimums souvent plus élevés.
Actions, obligations, immobilier, dérivés, devises... Contrairement aux OPCVM, limités à long terme.
Amplifie rendements... et pertes, comme en 2008.
Vs 0,50 % moyen pour OPCVM (2020).
Tous risqués, mais varient. Étapes :
Rendements absolus (ex. >20 %/an sur 5 ans) ou relatifs (top AUM).
Taux annualisé, écart-type vs indice (ex. Citigroup WGBI +1 %). Éviter surperformance ponctuelle.
Comparer par pairs : 50e centile minimum dans catégorie.
Analyses quartiles/déciles via Morningstar. 50e centile comme seuil.
Factors clés : Rendements 5 ans, écart-type, drawdown, etc.
Risques : Concentration, illiquidité, levier amplifié.
Atouts : Accès stratégies exclusives, stars managers, diversification pour HNWI.
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