L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), signé en 1992 et entré en vigueur le 1er janvier 1994, visait à promouvoir le commerce entre les États-Unis, le Canada et le Mexique. Il a éliminé la plupart des tarifs douaniers sur les échanges entre ces trois pays, avec une suppression progressive des droits sur les produits agricoles, textiles et automobiles jusqu'au 1er janvier 2008.
L'ALENA cherchait à stimuler l'activité économique entre les trois grandes puissances d'Amérique du Nord. Ses partisans y voyaient un bénéfice mutuel via un commerce libéré des barrières tarifaires excessives.
Durant la campagne présidentielle de 2016, Donald Trump a promis d'abroger l'ALENA, jugé défavorable aux États-Unis. Le 27 août 2018, un nouvel accord avec le Mexique a été annoncé, intégrant le Canada le 30 septembre suivant. L'USMCA, entré en vigueur le 1er juillet 2020, remplace intégralement l'ALENA et expire dans 16 ans s'il n'est pas renouvelé.
« L'USMCA offrira à nos travailleurs, agriculteurs, éleveurs et entreprises un accord commercial de haut niveau qui se traduira par des marchés plus libres, un commerce plus équitable et une croissance économique robuste dans notre région. » – Communiqué conjoint États-Unis-Canada, 30 septembre 2018.
Le Canada et le Mexique sont respectivement les 2e et 3e fournisseurs des États-Unis (données 2019), représentant un quart des importations américaines (pétrole, machines, véhicules...). Un tiers des exportations US (machines, pièces auto, plastiques) vont vers ces pays.
Initié sous George H. W. Bush dans le cadre de l'Enterprise for the Americas Initiative, l'ALENA a été ratifié par l'administration Clinton en 1993. Elle prévoyait 200 000 emplois créés aux États-Unis en deux ans et un million en cinq ans, grâce à une hausse des exportations.
Complété par l'Accord nord-américain de coopération dans le domaine de l'environnement (ANACDE) et l'Accord nord-américain de coopération dans le domaine du travail (ANACT), l'ALENA maintenait des règles d'origine, documentation et sanctions pour infractions douanières.
Les trois pays ont développé le SCIAN pour harmoniser les statistiques commerciales. Remplaçant le SIC américain, il classe les industries par processus de production en 20 secteurs (5 biens, 15 services), avec un code à 6 chiffres révisé tous les 5 ans (dernière en 2017, prochaine en 2022).
Géré par l'INEGI (Mexique), Statistique Canada et l'OMB (États-Unis), il assure comparabilité et flexibilité.
L'ALENA a multiplié par 2,5 les échanges trilatéraux (1 000 milliards USD de 1993 à 2015) et légèrement accru le PIB par habitant. Avantages pour les PME : coûts réduits, pas de présence physique requise. Il protégeait la propriété intellectuelle et exportait des normes élevées en travail et environnement.
Inconvénients : pertes d'emplois manufacturiers (auto, textile), déficits commerciaux croissants (surtout avec Mexique), inflation et immigration mexicaine accrue.
L'USMCA modernise l'ALENA : protections numériques, travail/environnement intégrés au texte principal, réformes mexicaines (salaire horaire 16 USD pour 40-45 % des autos).
| Comparaison ALENA vs USMCA | ||
|---|---|---|
| Domaine | ALENA | USMCA |
| Autos | 62,5 % composants nord-américains | 75 % nord-américains ; 40-45 % à 16 $/h |
| Produits pharma | Protections contre génériques | Protections supprimées |
| Produits laitiers | Marché canadien protégé | Accès 3,6 % marché canadien |
| Règlement difféends investisseur-État | Autorisé | Éliminé sauf exceptions mexicaines |
| Propriété intellectuelle | 50 ans | 70 ans |
| Durée | Indéfinie | Réexamen à 6 ans ; expire 16 ans |
Créer une zone de libre-échange en réduisant tarifs et formalités pour les entreprises des trois pays.
Élimination des barrières sur biens, services, investissements ; protection IP ; normes environnementales/sociales.
Non, remplacé par l'USMCA depuis juillet 2020.
Débat : échanges triplés (290 à 1 100 Md$), mais effets sur emploi/salaires controversés, masqués par tech/Chine.
Investissements triplés, exportations boostées (doublées US, x9 Mexique).
L'ALENA a transformé le commerce nord-américain avec gains (croissance, commerce) et pertes (emplois, déficits). Son legs persiste via l'USMCA, symbole de mondialisation.
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